Payez au suivant

Vous connaissez Jane Siberry ? C’est une artiste Torontoise qui vie de sa musique depuis 1980. Elle a une vingtaine d’albums à son actif, plusieurs chansons utilisées dans des films (la magnifique Calling All Angels à la fin de « Payez au suivant »), des vidéos et quelques succès radio. Une carrière respectable pour l’ancienne étudiante en microbiologie de l’université de Guelph.

Au début des années 90, j’étais déjà un fan de Mme Siberry. Après avoir vu son nouveau vidéo à Much Music, je suis allé chez le disquaire pour commander sa plus récente « cassette » (les disques compacts étaient encore rares). Erreur, hasard ou destin, le distributeur m’a livré sa « plus vieille cassette », donc son premier album sorti en 1980. Curieux de l’entendre, j’ai décidé de le garder. Je l’ai aimé, je l’ai usé et j’ai passé quelques paires d’écouteurs à 5$ dessus.

Semble‐t‐il que c’est maintenant une pièce de collection, à voir le prix de vente d’un tel truc sur eBay. Néanmoins, je me fou un peu de sa valeur, le fait est que je ne peux pratiquement plus l’écouter, le ruban étant devenu sec et le son plutôt « sourd ».

C’est en cherchant une version CD de cet album que je suis tombé sur le site Web de Jane Siberry, qui a aujourd’hui changé son nom pour Issa (une longue histoire…). Quelle ne fut pas ma joie de découvrir que je peux télécharger une version numérique de l’album, incluant la pochette complète en image haute résolution. Je peux donc en obtenir une copie immédiatement et pour pas cher…

Vraiment pas cher…

C’est que Jane Siberry vends une grande partie de sa discographie à sa façon : c’est l’acheteur qui détermine le prix d’achat de chacune des chansons. J’ai donc pu choisir entre plusieurs options :

  • Un cadeau de l’artiste : 0$
  • Prix standard : 0,99$
  • Déterminé par l’acheteur, payer maintenant.
  • Déterminé par l’acheteur, payer plus tard.
  • Médias/promo (gratuit pour les journalistes qui veulent entendre ce que fait l’artiste)

Je suis impressionné. Je me mets à penser aux conséquences. Elle va se faire voler ! Les gens vont tout télécharger gratuitement… même moi je pourrais le faire. Mais je ne vais pas le faire. J’ai une conscience après tout, j’vais au moins payer pour l’album et peut‐être télécharger quelques autres pièces gratuitement. Après tout, quand on n’est pas obligé de payer, il n’y a pas de plaisir à voler…

Pour les gens comme moi qui se questionnent face à cet élan de générosité, elle a écrit une lettre, titrée Self‐Determined Pricing : A Letter From Issa. Elle la termine en disant : « Ce qui importe, c’est que la musique se rende là où elle pourrait emmener la joie. C’est ça la plus belle chose que vous pouvez me donner. »

Que dire de plus…

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